Publications des étudiants

Analogie entre la traductologie et la philosophie

Par Emilie Kröger, Master TPS, promotion 2021-2023

Férue des sujets complexes et des pistes interprétatives à creuser, je vous propose aujourd’hui d’établir un lien entre ces deux disciplines qui, au premier abord, ne semblent (presque) rien avoir en commun : la philosophie et la traductologie.

D’un côté, nous avons la philosophie, une discipline vieille comme le monde. On a du mal à dater la naissance de cette discipline, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a plus de 2000 ans. De l’autre, la traductologie n’existe que depuis le début des années 1960 (si on prend la discipline). Mais nous allons voir que, malgré leur grande différence d’âge, ces deux disciplines ont des points communs.

L’analogie entre traductologie et philosophie a d’ailleurs déjà été abordée lors du colloque « Traduction et Philosophie » à l’Université de Liège en 2017. Ce colloque avait comme objectif de « présenter les recherches les plus récentes sur les liens qui unissent philosophie et traduction ». Parmi les conférenciers invités, il y avait Barbara Cassin, philosophe et membre de l’Académie française, autrice de l’ouvrage « Éloge de la traduction – Compliquer l’universel » (2016) ou encore « Les Maisons de la sagesse – Traduire » (2021). Ce dernier a d’ailleurs fait l’objet – entre autres – d’un podcast publié en octobre 2021 par France Culture : « La traduction ou l’art de faire avec les différences ».

Ce colloque a traité la question de la traduction de la philosophie, mais l’aspect qui fait l’objet de ce billet est celui de la philosophie dans le processus de traduction et donc son influence dans la traductologie.

En effet, l’étude de la traductologie mène déjà à de nombreux questionnements, ce sont en quelques sortes les bases mêmes de cette discipline. Comme la philosophie, la traductologie soulève un certain nombre de problématiques auxquelles nous sommes confrontées lorsque nous traduisons.

En voici quelques-unes :

  • Traduire est-ce trahir ?[1]
  • Qu’est-ce qu’une traduction éthique ?
  • Comment traduire « l’intraduisible » ?
  • Que signifie rester « fidèle » à un texte ?
  • Peut-on réellement parler de « perte » et de « profit » en traduction ?
  • La traduction constitue-t-elle un produit social ?
  • La traduction est-elle une activité idéologique ?

Toutes ces questions font ou ont fait l’objet de théories de la traduction. En étudiant ces différents traductologues, on se rend compte que ces théories qui en émanent sont le fruit de leur propre réflexion et leur propre avis et que finalement, la traductologie est aussi sujet au débat que la philosophie et ses différents thèmes. Les concepts sont donc variés, on remarque une émergence de plusieurs écoles et points de vue, comme le fait d’être sourcier ou cibliste, qui est finalement comme opposer hédonisme et épicurisme.

C’est à travers la simple lecture de ces questionnements qu’on se rend compte que le processus de réflexion en philosophie et en traduction sont très similaires. De plus, des questions d’ordre philosophique viennent également se poser en traductologie, telles que les grands thèmes de l’éthique et de la morale.

En somme, nous pouvons voir que les différents traductologues ont établis des théories différentes, en adoptant des points de vue différents, ce qui peut nous mener à la réflexion suivante : n’existe-t-il finalement pas autant de théories de la traduction qu’il existe de traducteurs ou même de personnes qui simplement réfléchissent à ces problématiques ?

 

Bibliographie/Recommandations :

Berman, A. (1995, 23 février). L’Épreuve de l’étranger : Culture et traduction dans l’Allemagne romantique (Tel, 252) (French Edition). GALLIMARD.

Boisseau, Maryvonne. « De la traductologie aux sciences de la traduction ? », Revue française de linguistique appliquée, vol. xxi, no. 1, 2016, pp. 9-21.

Hatim, B. & Mason, I. (1996, 12 décembre). The Translator As Communicator (Wiley Series in Solving Large-Scale) (1re éd.). Routledge.

Laaksonen, J. & Koskinen, K., 2020. “Venuti and the Ethics of Difference”. In Koskinen, K. & Pokorn, N. K. (eds.): The Routledge Handbook of Translation and Ethics. Routledge, 16 p. (Routledge Handbooks in Translation and Interpreting Studies).

Ladmiral J. R. Sourcier ou cibliste. Les profondeurs de la traduction, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Traductologiques », 2014 ; 2e éd. revue, 2016.

Meschonnic, H. (2007, 26 octobre). Éthique et politique du traduire (Verdier).

Podcast France Culture « La traduction ou l’art de faire avec les différences » avec Barbara Cassin, 9 octobre 2021 : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/science-en-questions/la-traduction-ou-l-art-de-faire-avec-les-differences-5536928

Présentation du colloque « Traduction et Philosophie » à l’Université de Liège avec Barbara Cassin, Marc de Launay & Lisa Foran, 12 avril 2016 : https://www.fabula.org/actualites/73629/colloque-traduction-et-philosophie-5-7-mai-2017.html

Tatiana Milliaressi. La Traduction: philosophie, linguistique et didactique. Villeneuve d’Ascq, France. Editions du Conseil Scientifique de l’Université Charles-de-Gaulle – Lille 3, 444 p., 2009, UL3 Travaux et recherches, 978-2-84467-112-7.

Vezin, François. « Philosophie et pédagogie de la traduction », Revue philosophique de la France et de l’étranger, vol. 130, no. 4, 2005, pp. 489-501.

[1] « traduttore, traditore » (adage italien), https://lactualite.com/societe/traduire-cest-trahir/

 

« Ah t’es traducteur, t’es bilingue alors ? »

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Par Juliette Charlos, Master TPS, promotion 2020-2022

Quand vient l’heure de se présenter et d’annoncer (fièrement ?) quelle profession nous exerçons, ou le métier auquel nous nous préparons, nous sommes confrontés à de multiples réactions. Dans l’imaginaire de certains, le traducteur est une sorte d’ermite terré dans son bureau toutes les nuits à traduire des livres, celui qui traduit les joueurs étrangers à la télé, pendant les interviews d’après-match ou bien encore un écrivain raté… Mais l’idée reçue la plus répandue est probablement celle que les traducteurs sont des bilingues, voire des trilingues. Alors, vrai ou faux ?

Posons-nous tout d’abord la question à l’envers : est-ce que tous les bilingues sont des traducteurs ? La réponse est unanime, n’est-ce pas ? Alors demandons-nous si tous les bilingues peuvent être traducteurs et s’il faut être bilingue pour devenir traducteur.

Si la traduction consiste bel et bien à passer d’une langue à une autre, l’acte traductologique peut s’avérer plus complexe qu’il n’y paraît. Tout d’abord, dans le cas de la traduction technique, nous pouvons être amenés à traduire des documents sur des sujets très spécialisés que l’on ne maîtrise pas, même dans notre langue maternelle. Prenons un exemple : fraiseuse à commande numérique. Bilingue ou non, face à cette situation, le traducteur va devoir se documenter sur le domaine industriel pour savoir, premièrement, à quoi fait référence ce terme, et deuxièmement, quel est son équivalent dans la langue cible. C’est là l’une des premières compétences que doit avoir un traducteur : savoir où et comment faire des recherches afin de trouver LA bonne traduction, si tant est qu’il en existe une.

Une autre des compétences indispensables pour être traducteur est l’excellente maîtrise de la langue dans laquelle il traduit, généralement sa langue maternelle. Cependant, il est rare d’avoir une maîtrise équivalente de deux langues, à l’oral et à l’écrit. Très souvent chez les personnes bilingues l’une des deux langues est dominante ; il y a un déséquilibre étant donné que l’une et l’autre vont être utilisées dans des domaines ou des activités différents. Prenons l’exemple d’une famille anglaise expatriée en France, constituée de deux jeunes enfants qui commencent tout juste à parler et de deux parents qui ne communiquent qu’en anglais au sein du foyer. Les enfants vont naturellement apprendre à parler en anglais chez eux mais vont en même temps apprendre à parler français à l’école. Au cours de leur scolarité, les sujets qu’ils aborderont, en français, seront probablement bien différents de ceux qu’ils aborderont avec leurs parents, en anglais. Alors, tout un vocabulaire spécifique va se développer. Ces enfants pourraient être à terme capables d’animer des conférences en français sur des sujets très poussés dans des domaines tels que l’ingénierie, la médecine, la technologie, mais ils ne seront pas nécessairement capables de le faire dans leur langue maternelle.

Par ailleurs, le métier de traducteur mobilise des compétences autres que linguistiques telles que la maîtrise des outils informatiques qui font aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien, notamment les logiciels de TAO (traduction assistée par ordinateur). C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il existe de nombreuses formations pour devenir traducteur qui n’auraient donc pas lieu d’être s’il suffisait d’être bilingue.

Alors bilingue ou non, si vous maîtrisez parfaitement votre langue maternelle, si vous êtes curieux et aimez vous documenter sur divers sujets et que vous n’êtes pas allergiques aux nouvelles technologies, le métier de traducteur est peut-être fait pour vous.

 

Pour aller plus loin :

http://thebilingualadvantage.com/quest-ce-que-le-bilinguisme/

https://www.cairn.info/revue-de-neuropsychologie-2014-3-page-182.htm(rapport bilinguisme et double personnalité)

La traduction médicale, une discipline passée sous scalpel

trad med

Par Margot Degardin, Master TPS, promotion 2020-2022

La médecine, bien que particulièrement attrayante, est avant tout un domaine extrêmement vaste et précis. C’est pourquoi, il est primordial que la traduction d’un document médical soit entre les mains d’un traducteur professionnel. La fiabilité de ce type de traduction est vitale et l’erreur n’y a pas sa place.

La traduction médicale, c’est quoi ?

La traduction médicale fait référence à la traduction de documents médicaux mais, plus précisément, aux documents provenant du domaine de la santé (biologique, pharmaceutique, paramédical, etc.). Les documents qui composent la traduction médicale sont donc aussi nombreux que variés : dossiers médicaux, rapports de test, études pharmacologiques, articles de revues médicales, protocoles d’essai clinique, formulaires de consentement éclairé, notices d’utilisation, brevets, fiches techniques de matériel médical, etc. Tous ces documents rassemblent une terminologie conséquente devant être confiée à des traducteurs spécialistes du domaine.

Quel est le profil d’un bon traducteur médical ?

La traduction médicale est une spécialisation de la traduction présentant une des plus grandes responsabilités. Un traducteur médical doit savoir faire preuve de minutie et doit être particulièrement rigoureux. De plus, celui-ci se doit d’avoir une excellente connaissance du vocabulaire spécialisé du domaine dans lequel il exerce. En effet, une seule erreur de terminologie peut s’avérer, dans certains cas, fatale ou avoir de graves répercussions. La délicatesse et l’importance des documents à traduire sont à prendre avec beaucoup de sérieux. Les confusions n’ont pas leur place dans ce domaine. Enfin, un bon traducteur médical, comme tout traducteur, doit également être en capacité de s’adapter à son public. Effectivement, la terminologie choisie ne sera pas la même entre la traduction d’un diagnostic rédigé par un professionnel pour un professionnel et la traduction d’un diagnostic rédigé par un professionnel pour un patient.

 

 

Quels sont les points de vigilance en traduction médicale ?

La médecine est un domaine enclin aux changements. En effet, le monde de la santé est en constante évolution et le traducteur médical doit, régulièrement, se tenir au courant des avancées du secteur car nouvelle technologie rime forcément avec nouvelle terminologie. De plus, bien que l’on puisse penser le contraire, les nomenclatures de ce domaine changent parfois elles aussi. Par exemple, depuis 1998, c’est la Terminologia Anatomica qui représente la terminologie officielle concernant l’anatomie humaine. Il existe une traduction officielle de cet ouvrage en anglais mais très peu de langues ont eu cette chance. C’est pourquoi, certaines professionnels se réfèrent encore à la Nomina Anatomica, une classification anatomique plus ancienne. Il est également nécessaire de préciser que la traduction médicale est une discipline où se cachent de nombreux faux-amis au niveau de la terminologie.

En voici quelques exemples :

  • Condition ne se traduit pas par « condition » en français, mais plutôt par « état ».

 

  • Drug ne se traduit pas forcément par « drogue » en français, mais par « médicament » dans un contexte médical.

 

Pour conclure, un traducteur spécialisé dans le domaine médical doit allier rigueur, minutie et sérieux afin d’aider les patients et de contribuer à l’avancée perpétuelle de la médecine en général.

 

Bibliographie :

https://www.tremedica.org/wp-content/uploads/n38-tradyterm_Vandaele-GingrasH.pdf

 

Traduire les langues c’est traduire les cultures

 

Par Camille Grondin, Master TPS, promotion 2020-2022

La traduction est le passage d’un texte d’une langue source vers une langue cible. Cela signifie, par définition même, que la traduction est une pratique interculturelle et que le traducteur est l’agent, le médiateur, garant de cette passerelle. Dans un monde cosmopolite et interconnecté, tout traducteur doit avoir conscience des enjeux culturels qui entourent son travail. La langue étant un produit social, elle est donc intrinsèquement liée à la culture.

Cependant, qu’est-ce que la culture ? Derrière ce mot aux apparences simples se cache un concept plus complexe. La culture est un ensemble disparate d’héritages et de traditions, de mentalités et de visions du monde, de représentations collectives, c’est-à-dire d’images d’autres cultures qu’un peuple se construit sur la base de ses propres symboles.

La culture dans laquelle nous avons évolué est tellement induite que nous ne nous rendons plus compte qu’elle fait partie de notre identité. Les relations entre culture langue et sociétés sont complexes. Consciemment ou non, une langue nous apprend beaucoup sur le mode de fonctionnement et de pensée de la société qui l’utilise.

Le rôle du traducteur est de transmettre ce fonctionnement d’une langue vers une autre. En quelque sorte, le traducteur, en plus de son rôle de médiateur, possède un rôle de décodeur. En effet, c’est lui qui doit lire entre les lignes afin de comprendre l’essence du texte qu’il traduit pour le restituer de la meilleure manière possible.

Néanmoins, cette tâche est souvent la plus compliquée. Quid de l’implicite de certaines langues, quid des jeux de mots, des néologismes et de toute création originale faites par les locuteurs de la langue (exemple du verlan en français). Aucune langue n’est le calque parfait d’une autre, c’est pourquoi la traduction est une vraie discipline.

Outre le fait que la traduction est le passage d’une langue à une autre, elle est aussi et surtout le rapprochement de deux cultures. Cependant, rapprocher deux langues avec des cultures plus ou moins éloignées n’est pas évident et n’exclut pas les interférences linguistiques et culturelles caractéristiques du métier de traducteur. S’il est parfois intéressant que la traduction adapte un texte de telle sorte que le lecteur puisse le comprendre, il ne faudrait pas non plus annihiler toute trace d’étrangeté qui ferait perdre tout son sens au texte source. À nous de trouver la balance entre ces deux réalités.

Je finirais ce petit texte de réflexion en insistant sur le fait que la rencontre entre deux cultures (et donc entre deux langues), n’est pas toujours évidente et constitue souvent des points de frictions. C’est ce que nous dis d’ailleurs Geneviève ZARATE, spécialiste française de la didactique des langues et des cultures lorsqu’elle écrit : « Une communauté culturelle construit son identité sur la base d’un rapport de force avec l’autre, mettant en place, à travers la circulation d’implicites culturels, des moyens d’autant plus efficaces qu’ils sont discrets pour exclure ceux qui ne partagent pas ces implicites ». Ainsi, il en va du rôle du traducteur d’inclure et de partager la langue et la culture qu’il traduit au reste du monde.

 

Camille Grondin

Bibliographie :

 

https://journals.openedition.org/palimpsestes/1525

https://www.ediq.ulaval.ca/sites/ediq.ulaval.ca/files/uploads/CE2016_Vol.3_No.1_VF_En%20ligne.pdf#page=97

https://www.fabula.org/actualites/traduction-et-interculturalite_21636.php

https://bilis.com/blog/traduction-culture-constructive-interdependance/

 

Journée avec une traductrice aux multiples casquettes

 

Par Chloé Bujeau, Master TPS, promotion 2020-2022

En mai 2021, j’ai eu la chance de passer une journée avec une traductrice, Pia Gabrielle Edström Bourdeau. Cette journée était organisée en lien avec la Société française des traducteurs, afin de permettre aux étudiants en première année de master de découvrir un peu plus le monde de la traduction.

Pia m’a donc accueilli chez elle, à Nantes. Comme peuvent le laisser deviner son prénom et son nom de famille, Pia est d’origine suédoise, mais pas seulement. On peut pratiquement dire qu’elle a plusieurs nationalités puisqu’elle a vécu en Espagne, en France, en Suède et en Allemagne. Grâce à cette vie de globe-trotteuse, elle est capable de traduire depuis l’anglais, le suédois, le norvégien, l’allemand, l’espagnol, vers le suédois et le français. Ses études d’ingénieur, effectuées à Paris et à Stockholm, lui ont donné l’opportunité de travailler chez Renault en France ainsi que pour des fabricants industriels en Allemagne. Ses études et ses expériences professionnelles, ont donc permis à Pia de se mettre à son compte en devenant traductrice indépendante dans le domaine technique, en 2002.

Lorsque je suis arrivée devant chez elle, j’ai tout de suite été intriguée par l’imposant drapeau suédois qui flottait grâce au vent. La présence de ce drapeau n’était pas anodine. En plus d’être traductrice, Pia est consule de Suède à Nantes. Son rôle est donc de porter assistance à tous les ressortissants suédois vivant dans le nord-ouest de la France principalement. J’ai été agréablement surprise puisque le monde de la diplomatie m’a toujours intéressée et c’était donc l’occasion d’en apprendre plus sur le fonctionnement d’un Consulat et sur la fonction de consul. Malgré ces deux activités très prenantes, Pia trouve aussi le temps de jouer du violon. J’ai pu apprécier ses talents de musicienne durant une rencontre qu’elle, ainsi que quatre autres traductrices, toutes membres de la SFT, avaient organisée pour se rencontrer entre professionnelles et casser la potentielle solitude du métier de traductrice indépendante. Une autre des traductrices jouait aussi d’un instrument. Les deux mélomanes nous avaient donc préparé un petit concert. J’ai été ravie de pouvoir rencontrer d’autres traductrices qui avaient chacune une spécialité différente et de pouvoir discuter avec une d’entre elles, qui a aussi fait ses études de traduction à l’Université Catholique de l’Ouest, 20 ans plus tôt.

Passer la journée avec Pia m’aura permis de me rendre compte de ce qu’être traducteur indépendant impliquait, de comment il était possible de travailler et de gérer son temps. J’ai aussi pu en savoir plus sur les parcours d’autres traductrices, qui étaient tous différents. En bref, cette journée n’aura pas seulement été un aperçu du monde de la traduction indépendante, mais aussi une découverte d’une multitude d’autres choses auxquelles je ne m’attendais pas. Le fait que les étudiants en première année de master puissent passer une journée en immersion est, selon moi, très bénéfique, car cela permet de rendre les choses plus concrètes, après presque une année de formation. Je recommande donc fortement, aux étudiants et futurs étudiant, d’accepter de participer à cette journée très enrichissante !

 

Pour en savoir plus sur Pia Gabrielle Edström Bourdeau ou la contacter :

https://fr.linkedin.com/in/pia-gabrielle-edström-bourdeau-7459481

https://www.sft.fr/fr/prestataire/edstrom-bourdeau-pia-gabriella

 

Les anglicismes : bonne ou mauvaise idée ?

 

Par Alan Aubert, Master TPS, promotion 2020-2022

AA

Casting, blacklister, brainstorming. Le point commun de tous ces mots : ce sont des termes issus de l’anglais. Leur autre point commun : ils figurent dans le dictionnaire français. Malgré tout, ils peuvent être remplacés par des traductions plus ou moins efficaces : « audition », « inscrire sur liste noire », « remue-méninges ». Un choix entre anglicisme et français s’impose alors.

Des arguments existent dans les deux sens : la langue de la France est le français, c’est par ailleurs ce qu’indique la loi : « le français est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics ». L’Académie française s’y mêle aussi, en toute légitimité, et se permet de trancher entre anglicisme et français. En outre, nous retrouvons sur son site Internet une sous-catégorie spéciale « Néologismes et anglicismes », faisant elle-même partie de la catégorie « Dire, Ne pas dire ». Par exemple, ne dites plus « ce soir, je vais chiller », dites « ce soir, je vais me détendre » !

Si l’on se met du point de vue des puristes, il faut admettre que le français est une langue extrêmement riche, de telle manière qu’il serait en effet dommage de s’en priver pour désigner un concept. Mais le fait est que le français, comme toute langue, évolue au fil du temps. Ce sont les locuteurs qui la façonnent, qui établissent les usages. Ainsi, les anglicismes, bien qu’ils puissent se révéler frustrants pour ces puristes, sont employés par une grande partie des locuteurs. Ils font bel et bien partie de notre langue.

Et le traducteur dans tout ça ? Comment doit-il procéder en rencontrant ces mots dans un texte anglais ? En réalité, il peut faire comme bon lui semble, mais il ne doit pas oublier qu’il ne traduit pas pour lui mais pour un public donné. S’il souhaite se faire comprendre et rendre son texte accessible, il doit obligatoirement prendre en compte la façon de parler des locuteurs.

En revanche, il n’est absolument pas question d’abandonner le français ni d’obliger l’utilisation des anglicismes, mais simplement d’accepter l’idée que l’anglais (ou n’importe quelle autre langue) s’intègre dans notre langage. Nous pensons qu’il ne faut pas l’interdire ni le rejeter, comme certaines personnes pourraient le penser. Bien au contraire, nous pouvons en profiter pour élargir notre vocabulaire et notre culture. Le traducteur est l’un des garants de cette « mission », car il est l’un des garants de notre langue.

Enfin, ces mêmes personnes qui dénoncent les anglicismes utilisent elles-mêmes des mots issus d’autres langues qui se sont fait une place dans nos discussions : café (de l’arabe), moustache (de l’italien), etc. Pourquoi ces mots seraient-ils plus légitimes que d’autres ?

Et vous, que pensez-vous de l’arrivée de tous ces nouveaux mots dans la langue française ?

Pour en savoir plus :

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000005616341/

https://www.csa.fr/Proteger/Medias-audiovisuels-et-Francophonie/Anglicismes-les-equivalents-francais-recommandes

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037460897

https://www.academie-francaise.fr/dire-ne-pas-dire/neologismes-anglicismes

https://dictionnaire.lerobert.com/dis-moi-robert/raconte-moi-robert/mots-epoque/sommes-nous-envahis-par-les-anglicismes.html

 

 

 LE MÉTIER DE CHEF DE PROJET EN TRADUCTION, C’EST QUOI ?

Par Jade Roy, Master TPS, promotion 2020-2022

chef

Définition :

Tout d’abord, il faut savoir que le #chef de projet est l’interface et le médiateur entre les différents intervenants d’un projet. Il est responsable du bon déroulement de ce dernier.

Typiquement, un chef de projet en traduction est issu du milieu de la traduction. Il peut être traducteur, éditeur ou relecteur, ingénieur… Tout simplement, une personne qui a fait ses premiers pas dans le milieu de la #traduction.

Le plus important dans le travail d’un chef de projet, c’est la communication avec le client final. Le client qui confie la traduction d’un projet à une agence de traduction le fait pour deux principales raisons : la première, parce qu’il n’a pas les ressources en interne, la seconde, parce qu’il n’a pas le savoir-faire en interne. Alors, ce savoir-faire, dont il ignore tout dans la plupart des cas, il suppose que son interlocuteur le possède.

Les compétences requises pour être chef de projet :

Pour réussir dans ce métier, il faut être sociable et aimer le contact avec les autres. Non seulement, il faut parler régulièrement avec l’équipe de traducteurs, mais aussi avec le client pour écouter ses besoins et le rassurer sur le déroulement de son projet.

D’autre part, il faut être flexible et réactif par rapport aux différentes sollicitations et requêtes. Donc, avoir l’aptitude à travailler en groupe, gérer le stress et comprendre les gens sans les contacter physiquement est indispensable.

Les principales tâches d’un chef de projet :

  • Analyser la demande du client et envoyer un devis personnalisé
  • Établir un planning du projet : intervenants, date de livraison et coûts
  • Communiquer en continu avec le client et l’équipe de traducteurs
  • Choisir le traducteur approprié selon la langue et le domaine traité
  • Collecter les documents sources et si nécessaire, convertir le fichier source au format approprié
  • Superviser le bon déroulement de la traduction qui peut parfois impliquer la mise en page ou l’insertion de textes dans les images
  • Assurer le contrôle qualité en confiant le document traduit au réviseur
  • Valider et livrer le travail effectué par e-mail
  • Traiter les réclamations ou les éventuels problèmes de non-satisfaction, le cas échéant. Pour ce faire, la diplomatie et l’écoute doivent également s’ajouter aux qualités requises chez le chef de projet.

En bref, si…

  • Vous avez un Bac+5, une expérience de la gestion de projets multilingues en agence,
  • Vous pratiquez deux langues étrangères,
  • Vous savez utiliser les outils de TAO (SDL Trados…), Word, Excel,
  • Vous avez le sens des relations clients,
  • Vous résistez au stress,
  • Vous aimez le travail en équipe,
  • Vous êtes organisé, rigoureux, responsable, perfectionniste, polyvalent, motivé, flexible, dynamique,
  • Vous savez prendre rapidement des décisions et résoudre des problèmes,
  • Vous savez gérer une équipe, planifier et respecter des délais,

…vous pourriez correspondre à ce #métier !

Et vous, par quelles qualités, dont doit disposer un chef de projet, êtes-vous concerné ? N’hésitez pas à répondre en commentaires !

 

 Pour en savoir plus :

Devenir Chef de projets en traduction – Fiche métier Chargé de projets en traduction | ESTRI

▷ Le métier du chef de projet en traduction (translatonline.com)

Le métier de chef de projets chez Anyword, agence de traduction

Vis ma vie de chef de projet de traduction | BeTranslated

Fiche métier Assistant (e) Chef de Projet Traduction | LeGuideDesMétiers (leguidedesmetiers.fr)